Alors que plusieurs installations aquatiques publiques au Québec montrent aujourd’hui les limites de modèles conçus pour d’autres réalités urbaines, sociales et climatiques, Projet Paysage participe depuis plus de cinq ans à l’évolution des infrastructures municipales liées à l’eau.
S’appuyant sur près de 35 ans d’expertise en récréotourisme, l’équipe conçoit des lieux où baignade, confort et usages collectifs s’entrelacent dans une expérience plus sensible du territoire.
Conçues selon des modèles hérités de la seconde moitié du XXe siècle, les installations nautiques publiques répondaient alors à des besoins principalement fonctionnels et récréatifs, à une époque où les municipalités investissaient massivement dans les équipements collectifs d’après-guerre. Bassins minéraux, vastes surfaces de béton, clôtures à mailles et zones d’ombre limitées laissaient peu de place au confort ou à la diversité des expériences vécues sur le site.

©Michel Nasr, Unsplash
Aujourd’hui, une population davantage exposée aux voyages et à de nouvelles références touristiques développe des attentes plus élevées envers la qualité des installations publiques.
L’objectif n’est plus uniquement de concevoir un équipement performant, mais d’imaginer des milieux où l’on souhaite rester, se retrouver et habiter l’été.
Chez Projet Paysage, la baignade dépasse la seule fonction récréative. Les architectes paysagistes imaginent des destinations estivales où l’on vient autant pour jouer et se rafraîchir que pour ralentir, surveiller ses enfants, lire à l’ombre ou profiter d’une ambiance apaisante. Les aménagements doivent accueillir une pluralité d’usages et offrir des environnements plus généreux, inclusifs et accueillants. Cette approche s’inspire notamment du récréotourisme et des lieux de villégiature. À travers les parcours, les zones de fraîcheur, la végétation, les textures ludiques, le paysage façonne une atmosphère immersive et conviviale.

Parc Rosemont ©Vincent Brillant
Des espaces pensés pour une diversité d’usages
Cette évolution transforme également la manière d’aborder l’accessibilité universelle. Les équipes réfléchissent désormais à une grande diversité de besoins : aînés, parents avec poussettes, enfants, individus neurodivergents ou personnes plus craintives des profondeurs. Les transitions graduelles vers les bassins, les aires de détente et le mobilier intégré permettent à davantage d’usagères ou d’usagers de s’approprier les lieux à leur manière.
Les projets Baldwin à Montréal et Couvrette à Laval, réalisés en collaboration avec Cardin Julien, illustrent bien cette réflexion. D’autres projets actuellement en développement, notamment le parc-école Jacques-Bourdon et le parc Jarry, prolongent cette vision d’aires récréatives conçues comme de véritables troisièmes lieux.
Au parc Baldwin, l’ambiance évoque une journée au lac. Depuis la placette d’accueil et l’entrée du pavillon, la vue s’ouvre progressivement sur une grande plage animée, les parasols et les baigneurs, avant de se prolonger vers le bassin, avec en arrière-plan un paysage d’arbres matures préservés.

Piscine Baldwin

Piscine Baldwin
Pensé comme une séquence intuitive, le parcours alterne entre endroits ombragés et ensoleillés, rappelant les baignades estivales au bord des lacs québécois. Sous le couvert végétal, de grands bancs de bois sur pilotis offrent des zones de repos plus souples et accueillants, tout en préservant le système racinaire des arbres existants.
Jeux de textures, clôture colorée et approche adoucie vers l’eau participent à créer une ambiance plus immersive et accessible.
Au parc Couvrette, à Laval, l’intervention s’inscrit dans une réflexion sur l’ensemble du secteur. Les espaces aquatiques dialoguent avec les autres zones de loisirs afin de créer un environnement où différentes façons d’occuper le site coexistent naturellement.

Parc Couvrette

Parc Couvrette
Le vaste parcours familial du parc mène vers l’enceinte de la piscine, où des aires de détente intégrées au paysage, incluant des filets de type hamac aménagés dans la structure du sol, prolongent la dimension ludique du parcours. Une glissade à hydrofrein et des jeux d’eau accessibles même lorsque le bassin est fermé permettent à l’expérience aquatique de se poursuivre à l’échelle du site.
Afin d’atténuer le caractère enclavé des clôtures imposées par les normes de sécurité, le niveau du sol à l’intérieur du site a été légèrement surélevé, ce qui réduit la perception d’enceinte autour des zones de baignade.
Certaines plantations ont été intégrées directement au cœur des aires de jeu et de circulation afin d’apporter fraîcheur, ombre et bien-être au quotidien. Les enfants circulent librement d’un secteur à l’autre, tandis que les parents profitent d’espaces tempérés par la végétation et d’assises confortables pour accompagner le moment. Des éléments sensoriels et inclusifs — modules accessibles universellement, surfaces adaptées aux déplacements en fauteuil roulant et jeux musicaux — complètent également l’aménagement.

Parc Couvrette

Parc Couvrette
Le paysage comme espace de rassemblement
Alors que les épisodes de chaleur s’intensifient et que les attentes envers les lieux publics évoluent, plusieurs municipalités cherchent aujourd’hui à imaginer les piscines de demain.
Cette transformation exige toutefois de revoir certaines façons de concevoir, de gérer et d’opérer les infrastructures aquatiques publiques. Stationnement, entretien, sécurité, circulation, confort climatique et diversité des usages doivent désormais être pensés de manière intégrée. L’interdisciplinarité devient ainsi essentielle.
Architectes paysagistes, architectes, ingénieurs, professionnels municipaux et spécialistes techniques sont appelés à collaborer étroitement afin de créer des espaces mieux adaptés aux réalités contemporaines.
Pour Projet Paysage, l’enjeu dépasse la simple logique de construction. Il s’agit de concevoir de véritables milieux de vie : des paysages habités où l’eau, la végétation, le bien-être et les dynamiques sociales façonnent de nouvelles façons d’habiter l’été en ville.

Parc Couvrette
